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H3N8, une souche grippale qui inquiète les chercheurs


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Les scientifiques surveillent une nouvelle souche du virus de la grippe qui sévit chez les jeunes phoques américains et dont la transmissibilité à l'homme n'est pas exclue.
 

Une nouvelle pandémie de grippe guette-t-elle l'espèce humaine? C'est la question que soulève une équipe américaine de l'université Columbia de New-York. Son attention a été attirée par le décès entre septembre et décembre 2011 de pas moins de 162 phoques sur les côtes de la Nouvelle-Angleterre aux États-Unis, soit quatre fois la mortalité habituelle.

Victimes d'une forme de pneumonie, les mammifères étaient pour la plupart âgés de moins de six mois. Après autopsie de cinq spécimens, les résultats sont formels: le coupable est une nouvelle souche du virus de la grippe H3N8, principalement localisée dans le système respiratoire. Ce n'est pas la première fois qu'une épidémie de grippe sévit chez les populations de phoques. Au moins trois épisodes infectieux ont été répertoriés par les chercheurs depuis les années 80. Pourtant, selon l'équipe de Ian Lipkin,virologue et co-auteur de l'étude, «c'est la première souche qui présente des mutations connues pour accroître la dangerosité et la transmission du virus chez les mammifères». Également présente chez le chien ou le cheval, la souche qui infecte les phoques par contact respiratoire émane d'une souche aviaire déjà identifiée depuis 2002. Pour rappel, les phoques sont protégés aux États-Unis, et leur population augmente sur la côte est, où ils côtoient pécheurs et marins.

Un risque pour l'homme?

Aucun cas n'a encore été détecté chez l'homme, mais l'étude américaine révèle plusieurs facteurs inquiétants. D'abord, le fait que l'on retrouve le virus sur plusieurs mammifères montre qu'il a un taux de mutation très important qui lui permet une grande adaptation. Les dépouilles étudiées révèlent que le virus est capable de se fixer sur deux types de récepteurs: présents chez l'oiseau ou chez le mammifère. Toutefois, il semblerait que le virus évolue pour se fixer de manière préférentielle sur les récepteurs des mammifères. Les chercheurs ont également décodé le génome du virus, qui présente certaines mutations susceptibles de donner le caractère pandémique au virus. C'est le cas des fragments B2 et HA, déjà connus pour leur rôle dans la transmission et la virulence du virus H5N1. Responsable de la grippe aviaire, ce virus aurait causé plus de 300 décès chez l'homme depuis sa découverte en 1997, et l'abattage de centaines de millions de bêtes. Une épidémie pourrait donc avoir lieu à plus grande échelle chez les phoques.

Les chercheurs s'interrogent maintenant sur les altérations qui auraient lieu sur le génome du virus s'il parvenait à s'installer durablement chez le mammifère. Certaines mutations pourraient à terme lui permettre de franchir la barrière des espèces… Le Dr Anne Moscona, spécialiste de la grippe aux États-Unis, s'inquiète: «c'est un nouveau virus auquel l'homme n'a jamais été exposé». Comment prévoir alors les conséquences sur l'homme? En tous cas, les sources d'épidémie grippale se révèlent bien plus nombreuses que l' envisageaient les connaissances actuelles.


Source :   Le Figaro   | Lire à la source
Posté par admin_actumed 2012-08-02 à 18:05:24   


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