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Cancer du poumon : cela a bien changé en 20 ans !


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Une équipe française (HGP Paris) a examiné les modifications apparues entre 1983 et 2006 dans les caractéristiques des cancers du poumon non à petites cellules à travers les données épidémiologiques et l’évolution du pronostic. Quatre périodes successives de 6 ans ont été comparées.

Il y a eu peu de changements dans la prise en charge préopératoire et opératoire du début à la fin de l’étude.

Sur l’ensemble de la période, 4 513 patients ont été traités :   

- 96 % ont eu une résection dont 36 % étaient des pneumonectomies et 90 % étaient R0
- 46 % étaient des épidermoïdes, 38 % des adénocarcinomes et 9 % des tumeurs à grandes cellules
- il y avait 54 % de N0, 19 % de N1 et 26 % de N2
- la survie globale à 5 ans est de 42 % et à 10 ans de 26 %.

Dans le détail, les évolutions constatées selon les périodes étudiées étaient les suivantes :

1) Epidémiologie :

- une augmentation

• de l’âge des patients
• du nombre de femmes
• des antécédents de cancers et de problèmes cardiovasculaires
• du nombre de fumeurs (tant chez les hommes que chez les femmes).

2) Chirurgie :

- une augmentation

• des résections subtotales et des R0
• des curages ganglionnaires radicaux (de 72 à 91%)
• des complications postopératoires (21 à 28 %. p=0,029) mais avec une mortalité postopératoire stable (4,3 % vs 3,7 %) 
•  des curages N0
• du recours à la chirurgie pour confirmer un diagnostic de cancer en dépit de la multiplication des examens complémentaires.

- une diminution

• du nombre de thoracotomies exploratrices (donc sans résection)
• du nombre de pneumonectomies
• de la taille des tumeurs
• du nombre de simples prélèvements ganglionnaires (sampling) et du nombre de résections sans curages
• des curages N1 et N2.

3) Anatomopathologie :

- une augmentation des adénocarcinomes et des tumeurs à larges cellules
- une diminution des épidermoïdes

4) Thérapeutique :
- une augmentation des traitements néo-adjuvants (25 % contre 4 %) et une diminution des traitements adjuvants (30 % dans la dernière période contre 48,5 % au début des années 80)

5) Pronostic et survie :

- une augmentation

• de la survie à 5 ans qui passe de 34,5 à 46,2% entre la 1ère et la dernière période (p < 10-6)
• de la mortalité due à un autre cancer

- une stabilité du nombre de décès dus au cancer du poumon dans cette opulation (60%).

Les résultats détaillés montrent que la période considérée est aussi importante, comme facteur de pronostic indépendant, que le T, le N, le R, l’âge ou les antécédents de cancer ; en tout cas plus que le type de résection, l’histologie ou les traitements néo adjuvants et/ou adjuvants.

La chirurgie participe de façon déterminante à l’amélioration du pronostic puisque, utilisée seule, les taux de survie à 5 ans pour les résections R0 passent de 46, 2 % à 56,2 % entre la 1ère et la dernière période (p= 0,0076) et cela indépendamment de l’utilisation d’autres traitements.

Des tumeurs diagnostiquées plus tôt et une meilleure sélection des patients expliquent aussi l’amélioration générale du pronostic de ces cancers.


Dr Roland Charpentier


Riquet M et coll. : Evolving characteristics of lung cancer : a surgical appraisal.
./ Eur J Cardiothorac Surg., 2012; 41 : 1019-1024


Source :   JIM   | Lire à la source
Posté par Asirem 2012-07-30 à 20:14:08   


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