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Pleins feux sur les dangers du soleil


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L'été est là et les vacanciers se précipitent vers les plages, la campagne ou la montagne bien décidés à profiter du soleil. Mais en Europe, l'été, l'indice UV qui mesure l'intensité du rayonnement ultraviolet solaire atteint généralement des niveaux de 7 ou 8 (sur une échelle de 1 à 11). Dans ces conditions, se mettre au soleil sans protection ou mal protégé, c'est non seulement s'exposer dans l'immédiat à des coups de soleil, mais aussi accroître à terme son risque de développer un cancer de la peau.

Depuis 2009, le Centre international de recherche sur le cancer a classé les ultraviolets (UV) du spectre solaire parmi les agents les plus cancérogènes, au même titre que le tabac, l'amiante ou le plutonium. L'exposition au rayonnement ultraviolet est en effet le principal facteur de risque environnemental des cancers de la peau. Avec plus de 80.000 nouveaux cas par an, ce sont les cancers dont la fréquence a le plus augmenté au cours des cinquante dernières années et le nombre de nouveaux cas de mélanomes -type de cancer de la peau le plus agressif -a même été multiplié par 3 entre 1980 et 2005, tandis que le nombre de décès associés était multiplié par deux.

1.620 décès en 2011

« Si les dangers associés aux UVB sont connus depuis longtemps, en revanche, on a longtemps cru les UVA inoffensifs », explique Evelyne Sage, directeur de recherche du laboratoire mixte Institut Curie-CNRS Biologie des radiations. Or, si les UVA sont moins nocifs que les UVB, ils représentent 95 % du rayonnement perçu et pénètrent beaucoup plus profondément dans la peau. « Comme les UVB, ils accélèrent donc le vieillissement de la peau et provoquent des altérations de l'ADN », souligne Evelyne Sage. Si les systèmes cellulaires de réparation de l'ADN sont saturés en raison d'expositions trop intenses ou trop répétées, les mutations génétiques ne seront pas réparées et les cellules pourront devenir cancéreuses.

Enfin, l'exposition aux UVA et UVB entraîne un affaiblissement du système immunitaire et des phénomènes d'inflammation qui favorisent vraisemblablement le développement des tumeurs cutanées. Celles-ci sont de plusieurs types : les carcinomes cutanés sont les plus fréquents (65.000 nouveaux cas par an) mais aussi les moins graves. Les mélanomes cutanés sont plus rares, mais ils auraient été responsables de 1.620 décès en 2011. En effet, si le mélanome cutané peut être bien maîtrisé à un stade précoce, on ne dispose guère de traitements efficaces une fois qu'il a atteint le stade des métastases.

La recrudescence des cancers cutanés signifie-t-elle que les Français ignorent les risques associés au soleil ? Les récentes données du baromètre cancer Inpes-Inca montrent que si certaines idées fausses ont la vie dure, la population est malgré tout de mieux en mieux informée. Simplement, il y a souvent un décalage de plusieurs années entre une exposition abusive au soleil et l'apparition des tumeurs cutanées. On paye donc sans doute aujourd'hui les excès d'exposition d'il y a dix ou vingt ans.

« Avec le tabac, le soleil figure parmi les facteurs de risques de cancer les mieux identifiés », confirme François Beck, épidémiologiste à l'Institut national de prévention et d'éducation pour la santé (Inpes). Ce qui n'empêche pas 18 % des Français de croire encore que « les coups de soleil préparent la peau au soleil » (ils étaient 25 % en 2005) et 36 % d'entre eux de penser que « les coups de soleil dans l'enfance sont sans conséquences s'ils sont bien soignés ». En revanche, 80 % des Français ont bien intégré qu'il est particulièrement dangereux de s'exposer entre 12 heures et 15 heures. Ils sous-estiment cependant les dangers de la tranche horaire 15 heures-16 heures.

Protéger les jeunes

Enfin, alors que c'est principalement sur la plage que les femmes prennent des risques, les hommes, pour leur part, sont plutôt exposés dans le cadre des métiers d'extérieur où le risque d'exposition au soleil n'est pas perçu. Enfin, les jeunes sont ceux qui prennent le plus de risques, dans ce domaine comme dans d'autres.

Mais tout le monde ne court pas le même risque : chacun naît avec un « capital solaire » qui lui est propre et qui représente sa tolérance individuelle au soleil. Il dépend de la couleur de la peau, des yeux et des cheveux. Ainsi, les personnes à la peau et aux yeux clairs et aux cheveux blonds ou roux sont les plus vulnérables. Des antécédents familiaux de cancer cutané, de fortes expositions pendant l'enfance et la présence de nombreux grains de beauté constituent des facteurs de risque additionnels.

Conclusion de l'Inpes : il est impératif de se protéger du soleil. Avec un chapeau, des vêtements adaptés et de la crème solaire renouvelée fréquemment, sans oublier les lunettes noires pour éviter les inflammations de la partie antérieure de l'oeil et les microlésions de la rétine. Quant aux enfants, avant un an, ils ne doivent pas être exposés du tout au soleil et jusqu'à la puberté, ils doivent bénéficier d'une protection renforcée, car leur peau est fine et leur système pigmentaire encore immature.

CATHERINE DUCRUET, Les Echos


Source :   Les Echos   | Lire à la source
Posté par admin_actumed 2012-07-04 à 21:38:42   


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