Une étude prospective longitudinale conduite chez 40 enfants asthmatiques âgés de 6 à 16 ans a permis de suivre pendant un an l’évolution de la maladie.
L’étude a été menée jusqu’au bout pour 38 enfants sur 40.
La majorité des enfants était allergique (29/40) ; tous sauf un avaient un traitement de fond par corticoïdes inhalés.
Tous les enfants ont été équipés d’un moniteur à domicile pour mesurer quotidiennement le VEMS.
Ils ont été vus en consultation tous les 2 mois pour réaliser une mesure du FeNO (No exhalé), une analyse du condensat dans l’air exhalé (acidité, nitrite, péroxyde d’hydrogène, interleukines-1α, -5, -13, interféron γ), une spirométrie et une évaluation du score de contrôle de l’asthme.
Des consultations supplémentaires ont été ajoutées en cas d’exacerbation : le premier jour de celle-ci puis les troisième et cinquième jours.
L’exacerbation était considérée comme modérée en cas d’aggravation des symptômes asthmatiques (dyspnée, toux, sifflement) et/ou d’utilisation de bêta-agonistes de courte durée d’action pendant moins de 2 jours avec un VEMS ne descendant pas au-dessous de 80 % de la valeur maximale personnelle.
L’exacerbation était estimée sévère en cas de chute du VEMS de plus de 80 % de la valeur personnelle et/ou d’un traitement oral par corticoïdes et/ou d’une hospitalisation.
Pendant la période étudiée, 16 enfants ont développé une exacerbation (10 modérées et 6 sévères).
L’analyse de régression univariée de Cox a révélé que l’acidité du condensat, le taux d’IL-5 et le score de contrôle de l’asthme étaient des facteurs prédictifs significatifs d’une exacerbation de l’asthme (P < 0,05).
En analyse multivariée, les meilleurs facteurs prédictifs de poussée étaient le score de contrôle de l’asthme et le taux d’IL-5 dans le condensat de l’air exhalé (Scores de Wald de 7,9 et 4,44, P = 0,007 et P = 0,035 respectivement).
La courbe de survie prédite à partir de ce modèle multivarié a montré une augmentation du taux d’exacerbations chez les enfants ayant les valeurs les moins bonnes d’IL-5 et de score de contrôle de l’asthme.
Dans ce travail, ni le FeNO, ni la mesure de la fonction pulmonaire ne sont apparus capables de prédire la survenue d’une exacerbation.
Dr Geneviève Démonet
Robroek CMHHTet coll. : Prediction of asthma exacerbations in children: results of a one-year prospective study. Clin Exp Allergy, 2012; 42 (5) : 792–798