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Prescription de corticoïdes pour le diabétique, fréquente malgré les risques


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Près d'un pour cent de la population adulte reçoit des glucocorticoïdes (GC) oraux et une plus grande proportion encore, des formes inhalées ou topiques. Les GC  peuvent provoquer une hyperglycémie, induire une obésité, une hypertension artérielle, une dyslipidémie avec un risque accru d'infarctus du myocarde et d'accident vasculaire cérébral ; ils ont aussi des effets indésirables sur l'humeur et la capacité cognitive. Comme les diabétiques de type 2 (DT2) sont à haut risque cardiovasculaire, sont sensibles à la dépression et ont un déclin cognitif accéléré, il semble logique de conclure que les GC doivent être évités chez ces patients. Cependant, dans de nombreux cas il peut être difficile de s'en passer.

Bien que le risque de DT2 incident sous GC soit doublé (1, 2), les conséquences
du  recours aux GC chez les DT2 sont mal documentées. Des auteurs écossais ont donc cherché à établir si, dans leur pays, les GC sont effectivement évités chez les DT2, en particulier ceux les plus à risque de maladie cardiovasculaire, et à documenter les conséquences quand ils le ne sont pas. Un essai contrôlé randomisé n'étant pas éthiquement envisageable, une étude transversale dans une grande cohorte bien caractérisée, l'ET2DS, Edinburgh Type 2 Diabetes Study (3) était justifiée.

Les variables cardio-métaboliques, la distribution de la graisse corporelle, la fonction cognitive et l'humeur ont été étudiés chez les 1 066 participants de l'ET2DS, dont 162 (15 %) avaient eu des GC (12 % en topique, 70 % sous forme inhalée et 23 % par voie orale ; 6 % prenaient une combinaison ; deux participants avaient reçu des injections) dans les 3 mois précédant l'étude.

Les GC étaient plus fréquemment prescrits chez les femmes et chez les fumeurs, mais n'ont pas été évités chez les patients souffrant de complications diabétiques ou ayant des facteurs de risque cardiovasculaires. Les patients les utilisant avaient plus souvent une obésité centrale ; leur HbA1c et leur cholestérol sérique total étaient légèrement plus élevés mais ils n'étaient pas plus susceptibles d'avoir une stéatose hépatique ou une hypertension. Leur moral était nettement moins bon et ils étaient plus anxieux. Les femmes étaient deux fois plus susceptibles de signaler des symptômes dépressifs par rapport à celles ne prenant pas de traitement. Les GC était  également associés à une fonction cognitive plus pauvre parmi les patients ayant une athérosclérose infra-clinique selon l'indice de pression systolique cheville-bras.

Les GC sont donc prescrits couramment pour les DT2 malgré les risques. Cependant, l'étude ne permet pas de différencier ces risques selon le mode d'administration (topiques cutanés, formes inhalées, d'une part, et voie générale, réputée plus dangereuse mais qui n'était utilisée que par un quart des participants et pour laquelle les doses de GC n'ont pas été indiquées).


Dr Gérard Loeb

 

Reynolds RM et coll. : Glucocorticoid treatment and impaired mood, memory and metabolism in people with diabetes : the Edinburgh Type 2 Diabetes Study. Eur J Endocrinol., 2012; 166: 861-868.
) Blackburn D et coll. Quantification of the risk of corticosteroid-induced diabetes mellitus among the elderly. Journal of General Internal Medicine 2002;17:717–20.
2) Gulliford MC et coll. Risk of diabetes associated with prescribed glucocorticoids in a large population. Diabetes Care 2006;29:2728–9.
3) Price JF et coll . The Edinburgh Type 2 Diabetes Study: study protocol. BMC Endocrine Disorders 2008;8:18.


Source :   JIM   | Lire à la source
Posté par admin_actumed 2012-06-07 à 22:33:52   


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